Les Balouriens¹ entament en ce mois de janvier leur cinquantième tournée théâtrale, pour l’amour de la langue savoyarde et sa sauvegarde!
Les origines
Dans les années 50 et sous l’égide de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC), les jeunes de l’Albanais se rassemblent, créent une troupe de théâtre et mettent le patois à l’honneur.
Ainsi, montent sur scène Maurice Viviant, Jean Dupassieux, François Fossorier ou Joseph Bouvier de Chainaz-les-Frasses, les frères Granger ou François Guigue de la Biolle, Maurice Viviand de Saint-Ours, Marcel Grosjean ou Ninette Collomb de Cusy.
Ils écrivent des saynètes, des monologues, des poèmes qu’ils produisent dans les granges ou les séchoirs à tabac du pays, devant un public enthousiaste. Ils participent ainsi à la Coupe de la Joie qui récompense les meilleures prestations des jeunes artistes amateurs régionaux.
Le mouvement s’essouffle et s’éteint à la fin des années 60.
Naissance des Balouriens de Chainaz
En 1976, Maurice Viviand, toujours passionné, relance l’instituteur du village, Fernand Tavernier, Robert et Noël Bouvier, Mari-Jo Félisaz et écrit une comédie: Ainsi, naît la troupe des « Balouriens de Chainaz » et apparaissent des personnages qui deviendront légendaires tels que la Philomène, la Mélie, Fanfoé ou Firmin.
En 1979, Gérard Brunier, de Cusy, rejoint la troupe et devient Célestin, acteur et conteur, puis Jean Carrier de Cusy, Maurice Viviand de Saint-Ours, inégalable Mélie, Monique Gaidioz ou Marie-Claude Mannaz de Chainaz qui apportent la fraîcheur et la naïveté des Sylvie.
Thierry et Marc Dupassieux, Pascal Bogey ou Jean-Michel Mannaz de Chainaz rejoignent quelque temps la troupe, puis Denis Morel de Viuz-la-Chiesaz devient un Firmin talentueux, Il prend la plume de Maurice Viviant et écrit quelques savoureuses comédies. Les Balouriens se produisent alors à Chainaz, Cusy, Viuz, à Rumilly, Pugny et jusqu’à Saint-Maurice-de-Rotherens !
Paul Carrier, le chanteur à la « grelotire »², Paul Paget, tous deux de Saint-Félix, viennent renforcer la troupe. Les Balouriens jouent une dizaine de fois chaque hiver et remplissent allègrement les salles des fêtes ! La langue savoyarde (qui n’est toujours pas une langue régionale reconnue!) retrouve quelque vigueur au cours de ces soirées, ravit les nostalgiques et intrigue les plus jeunes spectateurs.